Cette ville ivre rend fou. Il faut dire que pour s’y déplacer, tu frôles le plan d’organisation des JO de peu. Tu développes involontairement la sensation de la gorge qui pique, même si t’es assis chez toi loin de tout ce chaos. Pas de panique c’est une réaction très normale, réveillez-vous vous êtes servis pas moins de 10 heures par jour par le fournisseur officiel du Moyen-Orient de dioxyde de carbone rien qu’à voir les tonnes de particules crachées des pots d’échappement. Personne n’a l’air de se rendre compte dans ce tourbillon labyrinthe où une foule s’engouffre, ne s’arrête jamais, ne se repose jamais, mue par un mouvement perpétuel. Spectacle fascinant, amphétamines redoutables.
Pendant la période d’intégration, il est très commun de croiser des nouveaux venus (Faciles à détecter …je cherche toujours le secret de la prouesse égyptienne à reconnaître les autres) le matin les yeux bouffis, une barre dans les reins. Et là encore, on ne peut pas peaufiner ce décor de fatigue sans immerger dans le flot incessant des voitures, se sentir coincée au milieu, ou avoir l’audace et tout le courage du monde pour croiser les routes au risque de mourir écrasée comme un vulgaire moustique. Le vacarme des klaxons est assourdissant, un halo recouvre la ville, accentuant la sensation d’être dans une toile d’araignée, engluée.
Le piéton ne doit pas s’arrêter en si bon chemin, il doit emprunter les minces chemins des rues du centre villes; là encore le plus grand anarchiste du monde devient prudent dans les terre qui traverse les égouts, pour éviter une désagréable chute dans les détritus flottants et voir son parfum cher tourner en une forte odeur nauséabonde
Ce serait encore plus indigne de ne pas arpenter les ruelles sinueuses du plus vieux souk de la ville Khan El Khalili, à la recherhce d’un Akhenaton doré ou d’un costume pailleté de danseuse ou encore sous l’emprise d’une vieille lecture de Naguib Mahfouz. Mais si le statut de circulation change en mode assis et consommateur, on n’est pas au bout des surprises!! C’est un patchwork humain, des touristes émerveillés fanatiques de sensualité orientale et familles égyptiennes inquiets à l’idée que leurs rejetons soient confrontés à la vision de touristes femelles déambulant à moitié nues entre deux échoppes. Une fois que le piéton devient assis, il cédera sans doute à un café ou restau du coin, les menus sont anglais, mais lors du passage en caisse, quelques menus en arabe accrochés au mur se laissent grapiller. Votre repas s’y affiche aussi, mais à 10 livres de moins, fierté oblige tu payeras en Arabe!! Au prix de la déception du serveur!!
Il est toujours judicieux de choisir ou marcher……..oui parce qu’il y a des endroits ou tu te crois dans une autre galaxie, comme à Maadi. Car les rues ont des trottoirs, les places ont des arbres, et les maisons n’ont pas de murs lézardés. On peut se promener des heures dans les rues sans y entendre le moindre coup de klaxon ni subir les regards de mâles frustrés dans la rue
Au Caire, impossible de monter dans un taxi sans qu’il entame immédiatement la conversation histoire de dédramatiser les embouteillages, et du coup tu vis un grand moment d’interruption de tes pensées vagabondes au rythme chaloupé d’une péniche amarrée sur le Nil. Le taxieur se veut messager du peuple!! Il passe du coq à l’âne, de son statut Marital aux frères Musulmans au pouvoir et pour lesquels il n’a jamais voté!! Et là on est sur le point d’entamer le passage obligatoire, un baptême conducteur "D’où viens-tu ?" Et tu n’es même pas mariée ?? Pas d’enfants ? Pas possible !
La dernière fois que je suis montée dans un taxi remonte à quelques jours avec une journaliste australienne rencontrée par hasard, je lui ai souhaité bon courage au baptême avant même que nous trouvions un taxi!! Elle a fait de son mieux pour reprendre ses connaissances géographiques en maudissant intérieurement ses ancêtres qui n’ont jamais réussir à faire connaître son île au Moyen-Orient où, il faut bien le dire, personne n’en a jamais entendu parler et expliquer au chauffeur que l’Australie c’est du côté de la Nouvelle Zélande ……et a fini par désespérer devant son obstination de la prendre pour une américaine ou encore une anglaise!!
Mais après les habitants du monde arabe (J’ai une gêne quand à utiliser "Les Arabes" une sensibilité dont je dois guérir…) qui est le plus à l’aise?? Sans hésitation! Ce sont nos amis français bien évidemment, dès qu’un français s’assoie dans un taxi au Caire, il signale qu’il parle arabe et qu’il connaît les tarifs, donc pas d’entourloupe, " La course entre la gare et le café……..c’est 10 livres ne vous faite pas berner…….." lança un un homme à deux touristes……qu’est ce qu’ils sont solidaires ces petits Molières!
Les plus gênés numéros 01 sont les américains, c’est grotesque les pauvres, ils endossent le fardeau de Bush, et tous les malheurs du monde arabe ….même pendant les vacances. Les plus gênées numéros 02 c’est les femmes…..elle ne peuvent échapper aux pensées perverses de piétons ou d’autres conducteurs…..des commentaires qu’il croient sensuels et qui semblent plutôt culinaires ( 2chta, 3assal-sukkar) qu’on glisse à chaque tournant!
Bref vivre au Caire c’est un peu chopper le syndrôme de Stockholm, ou aimer quelqu’un qui ne souviendra jamais de votre prénom
Ps:J’ai mis une belle photo, car il parait qu’on boite un peu ici dans la politique de relancer le tourisme, et je suis comme à mon habitude criblée de bonnes intentions!! ……….
حلو Bonne continuation! Bcp d’humour surtout! Je vois maintenant que "dékalage " c’est pas mal comme titre de blog.Tu en conviens. Sah? ): Elias Temlal
Merci mon grand!! ce saut à été boosté grâce toi!! dékalons
Bonne initiative et bonne continuation.
Merci merci!
Belle plume Farah, keep it up! et Elf Mabrouk pour le blog (I hope I’m not late I just noticed
Merciiiiiiiii!! happy you liked it ! xx